Nous pouvons distinguer, même à l'œil nu, deux
types de paysage lunaire : des régions lisses et sombres d'une part et
des zones accidentées , lumineuses, d'autre part. Galilée, qui fut le
premier à observer le relief de la Lune à travers son télescope,
supposa que ces régions brillantes devaient correspondre à des
montagnes . Faisant un rapprochement avec le relief de la Terre, les
astronomes baptisèrent les zones sombres "mers" et les zones
brillantes "terres" ou continents. Avec l'amélioration des
télescopes, il devint évident que les prétendues mers n'étaient en
fait que des plaines ou des bassins arides. Fait étrange, la face de la
Lune qui nous est habituellement cachée ne compte pas de
'"mers" mais est entièrement couverte de "terres"
montagneuses. Cette dissimilitude frappante tient vraisemblablement
à la différence d'épaisseur de croûte entre ces deux hémisphères.
Plus fine sur la face visible, l'écorce superficielle a par le passé
craqué en de nombreux endroits sous l'impact de gigantesques météorites,
laissant s'échapper des flots de lave à l'origine des « mers »
reconnaissables depuis la Terre. L'épaisseur plus importante de la croûte
de l'hémisphère opposé lui a au contraire permis de mieux encaisser
les chocs, d'où la quasi-inexistence d'étendues « aquatiques »
sur la face cachée de notre satellite. A titre de comparaison, les mers
occupent en superficie environ 30% de la face visible, contre à peine
2,5% pour la face cachée.
SOMMAIRE
1.
Les "mers"
2. Les dorsales marines
3.
Les montagnes
4.
Les cratères
5. Les rainures
6.
La surface
7. Activités
1.
Les "mers"
Les mers sont
apparues relativement récemment à la surface de la Lune. Elles
correspondent à des bassins formés par l'impact d'énormes météorites,
il y a environ trois milliards et demi d'années. Les cuvettes ainsi
creusées se sont progressivement remplies de lave, constituant
d'immenses blocs de basalte à la couleur grisâtre.
Il serait plus
judicieux d'employer le terme « plaine » pour décrire ces
étendues vastes et relativement plates. Leurs contours sont
parfaitement délimités, circulaires ou ovales tels la Mer des Crises,
ou au contraire irréguliers et flous comme l'Océan des Tempêtes, le
plus étendu avec ses quelques quatre millions de kilomètres carrés
(environ la moitié de la surface des États-Unis).
Les mers les plus facilement observables sont : la mer
des Pluies à l’ouest, la mer des Crises,
la mer de la Sérénité, la
mer de la Tranquillité et la mer de la
Fertilité à l’Est. Au nord de la mer des Pluies se trouve l’énorme océan
des Tempêtes. On en a dénombré un total de 24.
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Mer des crises ( 600 km de diamètre environ soit la
largeur de la France ) |
2. Les dorsales marines
La surface des mers est souvent ridée par des collines
basses très allongées appelées "dorsales",
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Photo prise par Apollo 17
à 160 km au sud de la mer de la Sérénité.
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3.
Les montagnes
Les "terres" sont des régions beaucoup plus
anciennes que les "mers". Ce sont des élévations de terrain
creusées de multiples cratères, que dominent de puissantes chaînes de
montagnes coupées de vallées profondes. La plupart de ces montagnes
sont situées en bordure des "mers".
Galilée est le
premier astronome à avoir véritablement démontré l'existence de
montagnes à la surface de la Lune. En observant attentivement l'astre
des nuits à ses différentes phases, il remarqua des effets de lumière
qu'il interpréta comme le déplacement de l'ombre (produite par le
Soleil) de montagnes élevées. La mesure de l'ombre portée des plus
hauts sommets lui permit d'en évaluer pour la première fois la hauteur
à quelques milliers de mètres.
Il est intéressant
de noter que de nombreuses montagnes lunaires portent le nom de massifs
terrestres : chaîne des Apennins, des Alpes, du Jura... Établie au 17ème
siècle, cette nomenclature traduit bien l'idée, encore bien ancrée
dans les esprits à l'époque, selon laquelle la surface lunaire n'est
en fait que le reflet de la surface de la Terre. Signalons enfin que la
chaîne des Apennins, longue de 650 km, compte plus de 3000 pics, dont
beaucoup atteignent 6000 m d'altitude. La plus haute atteint 8000 m .
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La pente des montagnes lunaire est douce.
Une vingtaine de chaînes de montagnes ont été cataloguées. |
4.
Les cratères
Les cratères
constituent les accidents de terrain les
plus courants de la surface lunaire. On attribue la formation de la
plupart d'entre eux à des impacts de météorites, bien que certains
soient d'origine volcanique. Les cratères sont les formations les plus
spectaculaires et les plus caractéristiques de la surface lunaire. On
en dénombre environ 300 000 d'un diamètre supérieur à un kilomètre
sur la face visible, alors qu'ils sont encore plus nombreux sur la face
cachée.
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Remarquez que la face cachée de la Lune ne possède
pratiquement pas de mers mais un très grand nombre de cratères. |
Ceux d'entre eux recensés officiellement (quelques milliers)
portent le nom de personnages célèbres conformément à une
nomenclature imaginée au 17ème siècle par l'astronome Langrenus. Il y en a de toutes les tailles. Le plus
grand est Clavius qui mesure 233 km de diamètre et 3650 m de
profondeur. Il est situé près du pôle Sud de la Lune. D'autres
cratères sont visibles : le cratère
de Tycho au Sud et les cratères Copernic
et Kepler à l‘Ouest. Ils sont de forme circulaire. Alors que
la pente extérieure est douce, la pente intérieure s'enfonce à pic,
formant par place des terrasses jusqu'au centre du cratère situé à
des milliers de mètres plus bas. Au centre se dresse parfois un pic
d'un millier de mètres ou plus de hauteur. Autour de ces cratères
d'impact principaux sont groupés des centaines d'autres cratères, plus
petits, qui sont probablement des effets secondaires de la collision.

5. Les rainures
Les rainures sont des fossés parfois sinueux et
ramifiés, qui courent sur plusieurs centaines de kilomètres. En les
comparant à quelques rares spécimens terrestres, on pense que les
rainures sont d'anciens tunnels souterrains conduisant de la lave dont
le sommet se serait effondré.
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Cette rainure lunaire au
fond plat s'est sans doute creusée lors du refroidissement de
la couche de lave qui la porte. Sa profondeur ne dépasse pas 1
km pour une largeur moyenne de 5 km.
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6.
La surface
La surface de la Lune, pour avoir subi pendant des
millions d'années un bombardement incessant de météorites et
d'astéroïdes, est souvent recouvert d'une couche superficielle ,
formée d'un mélange de fragments de roche et de fine poussière
météoritique ( le régolithe ). On y trouve également de minuscules sphères de verre,
d'un demi-millimètre de diamètre. Mais à l'inverse de la couche
superficielle de la Terre, le matériau lunaire ne contient aucune
matière organique. Par endroit, la couche superficielle s'accumule sur
plusieurs mètres d'épaisseur. Les astronautes d'Apollo ont dû, par
exemple, creuser à plus de 2,5 m de profondeur pour prendre des
échantillons du sol proprement dit. Les astronautes ont laissé
derrière eux cinq sismographes pour détecter les tremblements de
Terre. Sur la Lune, ils ont enregistré beaucoup moins de tremblements que
sur la Terre.
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Trace de pas laissée par un astronaute sur la
surface lunaire. Cette empreinte restera à jamais marquée sur le
sol car il n'y a ni vent ni pluie sur la Lune. |
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Noms des mers et cratères
les
plus visibles
1 Apennins
2 Océan des Tempêtes
3 Mer des Pluies
4
Mer de la Sérénité
5 Mer de
la Tranquillité
6
Mer de la Fertilité
7
Mer des Crises
8
Mer des Nuages
9
Mer des Vapeurs
10
Mer du Nectar
11 Mer des Humeurs
12 Mer du Froid
13 Cratère Copernic
14 Cratère Kepler
15 Cratère Tycho
16 Cratère Clavius
17 Cratère Aristarque |
7.
Activités
1. Reconstitution d'un cratère avec un
piton central
Prépare du plâtre très épais.
Fais tomber la bille au milieu du bol.
La bille tombe au fond et dans sa chute fait remonter un peu de plâtre.
Cela forme un piton au centre du bol.
C'est le même phénomène qui se produit lorsqu'une météorite vient
frapper la surface lunaire. De nombreux cratères lunaires ont donc un
piton central encore visible.

2. Reproduire sur une
feuille de
papier la forme générale de la Lune.
Essayer de retrouver les reliefs indiqués
sur la carte et de les dessiner.
Il est préférable d'observer la Lune en début de soirée quand elle
n'est pas trop éblouissante. Le meilleur moment n'est pas, comme on
pourrait le croire, lorsque la Lune est pleine, car la lumière est si
forte sur tout le sol, qu'il n'y a pas d'ombres, donc pas de reliefs.
Tous les autres moments sont préférables. Il faut examiner surtout la
ligne qui sépare la partie éclairée de la partie sombre que l'on
appelle le 'terminateur'. L'idéal serait de suivre un cycle lunaire
entier, tout au long de ses phases, la Lune présentant à chaque fois
des paysages différents.
On remarquera que les différentes mers
changent de forme suivant son éclairage, donc suivant les phases de la
Lune. La mer des Crises passe d'un ovale assez large à une mince ligne
sombre.
3. Rebaptiser les
mers de la Lune.
Étudier les emplacements et les noms des
différentes mers. Proposer ensuite aux enfants d'en inventer d'autres.